Jean !!! Sobieski et Marie Casimire d’Arquien (Marysieńka)

 

Cette couple royale est connue de leur grand amour! À l’occasion de 335ième anniversaire  de la victoire de Jean III Sobieski à Vienne, je vous présente des fragments de leur correspondence; voilà la lettre de la nuit du 13 septembre 1683.

Pendant vos visites à la Triville vous pourrez découvrire les endroits marqués par leur présence. Mais leur histoire et tous les détailsun peu plus tard:)

 

De Jean !!! Sobieski à Mariette (en polonais « Marysieńka »)

Dans les tentes du visir, le 13 septembre, la nuit.

Seule joie de mon âme, charmante et bien-aimée Mariette!

Dieu soit bénit à jamais! Il a donné la victoire à notre nation; il lui a donné un triomphe tel, que les siècles passés n’en virent jamais de semblable. Toute l’artillerie, tout le camp des Musulmans, des richesses infinies, nous sont tombés dans les mains. Les approches de la ville, les champs d’alentour sont couverts des morts de l’armée infidèle, et le reste fuit dans la consternation. Nos gens nous amènent à tous moments des chameaux, des mulets, des bœufs, des brebis, que l’ennemi avait avec lui, et en outre une multitude innombrable de prisonniers. De plus, il nous arrive grand nombre de transfuges, la plupart renégats, bien habillés et camp, on était toujours en alarmes; on croyait voir l’ennemi revenir à tout moments. Il bien montés. La victoire a été si subite et extraordinaire, que dans la ville comme dans notre a laissé, en poudre et munitions, pour la valeur d’un million de florins.

[…]

Le visir a tout abandonné dans sa fuite: il n’a gardé que son habit et son cheval. C’est moi qui me suis établi son héritier; car la plus grande partie de ses richesses me sont tombées dans les mains.

Avançant avec la première ligne et poussant le visir devant moi, j’ai rencontré un de ses domestiques qui m’a conduit dans les tentes de sa cour privée; ces tentes occupent à elles seules un espace grand comme la ville de Varsovie ou de Léopold. Je me suis emparé de toutes les décorations et drapeaux qu’on a coutume de porter devant le visir. Quant au grand étendard de Mahomet, que son souverain lui a confié pour cette guèrre, je l’ai envoyé au saint-père par Talenti. De plus, nous avons de riches tentes, de superbe équipagee et mille autres hochets fort beaux et fort riches.

[…]

Vous ne me direz donc pas, mon cœur, comme les femmes tartares à leurs maris, lorsqu’ils reviennent sans butin: « Tu n’est pas un guerrier, puisque tu ne m’as rien rapporté; car il n’y a que l’homme qui se met en avant qui peut attraoper quelque chose. »

J’ai aussi un cheval du visir avec tout le harnais.[…]

Nos soldats se sont emparés de beaucoup de sabres montés en or. […]

Pour moi, je compte à peu près cent mille tentes; car ils occupaient trois camps immenses.[…]

Il est impossible de détailler tous les raffinements de luxe que le visir réunissait dans ses tentes. Il y avaient là des bains, de petits jardins avec jets d’eau, des garennes à lapin, enfin jusqu’à un perroquet à qui nos soldats ont fait la chasse, mais qu’ils n’ont pu saisir.[…]

Toutes les troupes ont fait bien leur devoir; elles attribuent à Dieu et à nous la victoire.

… l’électeur de Bavière, le prince de Waldeck et autres; ils m’embrassaient, ils me baisaient le visage; les génèraux me baisaient les mains et les pieds; les soldats, les officiers, à pied et à cheval, s’écriaient: Ah! Unser brave König! Tous me obéissaient encore mieux que les miens. […]

C’est vraiment une grande bénédiction de Dieu. Honneur et gloire lui en soient         prévenant que c’est la lettre du roi à la reine.[…]

J’ai écrit au roi de France; je lui ai dit que c’était à lui particulièrement, comme au roi très-chrétien, qu’il me convenait de faire mon rapport de la bataille gagnée et du salut de la chrétienté.

L’empereur est à un mille et demi. Il descend le Danube en chaloupe; mais je m’aperçois qu’il n’a pas grande envie de me voir, peut-être à cause de l’étiquette. Il se presse d’arriver à Vienne pour faire chanter Te Deum. Voilà pourquoi je lui cède la place. Je suis fort aise d’éviter toutes ces cérémonies; on ne nous a régalés que de cela jusqu’à ce jour. Notre Fanfan est brave au dernier point.

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