Admiral Józef Unrug

Amiral Józef Unrug – un grand Polonais grand qui a aimé la Pologne jusqu’au bout…

…être Polonais c’est l’état d’esprit et le choix…

L’origine

Il y a 134 ans, le 7 octobre à Brandenburg, pas loin de Berlin Józef Michał Hubert Unrug est né, fils d’une comtesse saxonne Isydore von Bunau et d’un général prussien Tadeusz Gustaw Unrug.

Même si la famille avait des racines allemandes, le père de Józef, aussi ses oncles qui se sont battus dans les insurrections nationales, ils se sentaient Polonais.

La langue allemande était la première connue par le petit Józek, mais à la maison il apprenait aussi la langue polonaise. Bref, depuis qu’il était enfant, il était polyglotte, parce qu’à la maison on  parlait également français:)

Son tuteur qui était Polonais a aidé le petit Józek à découvrir son identité polonaise… Et voilà, être Polonais, ce n’est pas toujours les gènes, mais l’état d’esprit… 

L’enfance et la jeunesse

À l’âge de 7 ans, Józek commence l’apprentissage à l’école à  Dresde. En 1904, à l’âge de 19 ans il passe le bac. Le choix du chemin de vie du jeune Józef est fortement influencé par les livres d’aventure et de voyage, avec la mer en arrière-plan. Il choisit une marine impériale, même que son père est contre… il s’inquiète de l’éducation polonaise de son fils dans l’armée allemande. En outre, il espère que le fils s’occupera des économies dans une propriété à Solec. Mais Józef et têtu…, le père écrit enfin une demande à l’Académie Navale, mais en même temps il déshérite son fils;)

Les études, la formation, le service

Jeune Unrug commence ses études à Kiel et il fait sa première croisière. Après la première année, il est promu adjudant et il finit sa formation de base comme l’un des meilleurs. En 1907 il est déjà officier et comme sous-lieutenant serve en Extrême Orient. Rappelé en Allemagne, il travaille à l’état-major. Il rend visite à sa famille à Solec. Son père est mort depuis deux ans; malgré ses craintes et inquiétudes, Józef se sent Polonais…:) Comme lieutenant de marine il sert sur les croiseurs. En été 1914 il souffre de psoriasis, un mois il passe à l’hôpital; la maladie sera gênante tout au long de sa vie. 

Sa „carrière sous-marine”

Bientôt, il est convoqué à l’école des officiers des sous-marins; c’est un nouveau type d’arme utilisée à grande échelle pendant la Première Guerre Mondiale. En 1915 il commence son service au sous-marin « U 30 », qui coule 4 navires ennemis; par conséquent Unrug reçoit la Croix de fer da la deuxième classe. Il a de l’expérience, il est nommé commandant de U-Boot. Son service n’a pas cependant le caractère de guerre: il est commandant de formation et il forme les futures marins sous-marin allemands. Dans les années suivantes, il gravit les échelons de la « carrière sous-marine”: il devient chef de la flotte scolaire sous-marine et chef des marins et techniciens sous-marins à Kiel. En septembre 1918 il reçoit la Croix en fer de la première classe, deux mois après l’Allemagne est vaincue.

Au service de la Pologne Indépendante:)

Après la première guerre mondiale, on voit de la chance pour la résurrection de la Pologne…

Józef Unrug fait une démission de son service dans la flotte impériale et rompt définitivement ses relations avec l’armée allemande. Il demande à la marine polonaise de servir enfin la patrie libre. Personne ne doute qu’il est Polonais:)  Immédiatement, il est admis dans l’armée polonaise et dans la flotte polonaise. Cette dernière était alors en projet, parce qu’au cours des premières années d’indépendance, la marine polonaise n’avait pas de navire et on n’avait pas officiellement d’accès à la mer, car Gdańsk est devenue „la Ville Libre de Gdańsk”…

On a également approuvé ses 15 années de service dans la marine impériale et on a vérifié et reconnu son grade naval. Le capitaine Unrug commence à travailler au Département des Affaires Maritimes. À la fin de 1919 il est renvoyé à Gdańsk, où il récupère des objets de navigation après les Allemands et il travaille à l’Office Hydrographique.

Józef Unrug est enthousiaste de la construction du port et de la base navale pour la marine près du village de Gdynia, il évalue parfaitement leur importance stratégique, il participe également aux activités de la commission franco-polonaise qui travaille sur le littoral polonais.

Bientôt, il devient chef du Commandement de la flotte à Puck. Unrug promeut, en même temps les forces navales polonaises sont renforcées par des navires de la répartition de la marine allemande.

La vie privée

Dans la vie privée, Józef s’est marié avec sa cousine éloignée, Sophie (nom de la famille aussi Unrug). 

En 1923 Józef Unrug, à sa propre demande, quitte la marine; le motif officiel de démission: la maladie de la peau. Il part avec sa femme Sophie à Solec pour s’occuper de la ferme après la mort de sa mère, ensuite pour se soigner et retrouver la silence… 

Le retour au service, l’opération „Pékin” et l’éclatement de la Deuxième Guerre Mondiale

Pas longtemps, un an et demie après, il reprend son service et il est nommé commandant de la flotte à Gdynia. À partir de 1932, il occupe déjà le poste de contre-amiral, jusqu’au début de la Seconde Guerre Mondiale.

Avant l’attaque du cuirassé allemand Schleswig-Holstein sur Westerplatte, la marine polonaise réussit à mettre en œuvre une partie du plan en cas de guerre avec l’Allemagne. Le contre-amiral Unrug était l’un de ses auteurs. Le plan était d’amener en Grande-Bretagne trois destroyers polonais: ORP (navire de la République Polonaise) Błyskawica ( foudre), ORP Grom ( tonnerre) et ORP Burza ( tempête). L’opération sous le nom de code „Pékin” s’est déroulée avec succès: les navires sont partis le 30 août et ils ont atteint la Grande-Bretagne sans obstacles le 1er septembre l’après-midi, alors après l’attaque allemande.

Conscient de la faiblesse des forces polonaises dans la confrontation avec Kriegsmarine, Unrug a compris qu’en cas de guerre, à la Baltique les navires polonais subiront des destructions inévitables… Et qu’ils pourraient participer à la lutte en dehors du pays, sur des mers et des océans lointains … En résultat, les navires polonais qui n’avaient aucune chance face à l’énorme flotte allemande, étaient „sauvés” et ils ont  continué la bataille pour la défense de leur patrie loin d’elle;)

La Seconde Guerre Mondiale – la plus grande erreur de l’Allemagne…

Au moment d’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, Unrug était à Hel, où il coordonnait les activités de la flotte et de la défense du littoral. La disproportion des forces de l’agresseur, pas seulement des forces navales, était accablante. Et même si le contre-amiral ne croyait pas vraiment que l’Allemagne hitlérienne attaquerait la Pologne, il a affirmé que „les Allemands commettaient la plus grande erreur de leur histoire”.

Le 7 septembre, après une défense héroïque, Westerplatte a capitulé. Deux jours plus tard, les nazis ont pris Puck. Le 11 septembre, les défenseurs de Gdynia se sont retirés à Kępa Oksywska, où ils ont résisté jusqu’au 19 septembre. Là, le colonel Stanisław Dąbek qui ne voulait pas entrer dans la captivité allemande, s’est suicidé …

Les troupes polonaises se sont retirées dans la péninsule, et le temps des défenseurs semblait être compté … Le 30 septembre, on a dynamité une partie de la péninsule pour la couper et pour s’isoler avec un fossé difficile à surmonter par l’agresseur… Hélas, on a échoué cette dernière opération décisive…

Malgré sa capitulation… « la Pologne n’est pas morte… »

Cependant, une annonce antérieure du contre-amiral selon laquelle « tout le monde capitulera en septembre, nous, nous résisterons jusqu’en octobre » s’est réalisée … Les défenseurs de Hel  ont capitulé le 2 octobre. Malgré cette décision difficile, l’amiral soutenait quand-même ses soldats et soulevait ses esprits: „La Pologne n’est pas encore morte!”

Bien que très dure, la reddition pour Unrug était un espoir… l’espoir qu’une fois ses soldats seront  encore utiles dans la lutte pour la Pologne libre…

Le 1 septembre il a oublié la langue allemande…

Le 1er septembre 1939, le jour de l’agression des nazis contre la Pologne, l’amiral Unrug a oublié la langue allemande… pour toujours… Dès le début de la capitulation de Hel et de sa remise à la captivité allemande, Unrug n’a communiqué avec les Allemands que par un interprète ou en français…D’autres officiers en ont souvent pris exemple.

Être Polonais – c’est l’état d’esprit et le choix…

La propagande nazie avait ses plans pour l’amiral polonais … Plusieurs fois on lui a proposé de rejoindre Kriegsmarine, chaque fois sa réponse était « nie » en polonais…Nombreuses persuasions, même du cousin qui était officier Wermacht, les propositions d’une rencontre avec son épouse ou de meilleures conditions de vie dans le camp… tout en vain… un prisonnier de guerre restait  impassible… Être Polonais c’est l’état d’esprit et le choix…

Pendant la guerre, Unrug a été envoyé dans plusieurs camps de prisonniers de guerre; pour le respect et la reconnaissance qu’il a suscités parmi les prisonniers polonais. Il soutenait l’esprit et le moral, encourageait l’auto-éducation. En captivité, il a lu plus de 400 livres, en français et en anglais, aucun en allemand …

Les officiers polonais – libérés mais en captivité soviétique…

Après la délivrance Unrug s’est rendu à Londres. En mai 1945 il est nommé premier chef adjoint de la Direction de la Marine. Il ramène sa femme et son fils en Angleterre et il n’a pas l’intention de revenir dans sa patrie, à l’occupation des soviets et des communistes…

Aussi cette foi-ci, il était prévoyant et il savait  bien, ce qu’il attendait dans son pays natal à ce moment-là … et il a suivi le destin tragique de ses officiers à l’exil.

Ces défenseurs du littoral polonais qui étaient des prisonniers de guerre et qui, après ont décidé de revenir en Pologne et impliquer dans la reconstruction des forces polonaises, après leur retour, ils ont été arrêtés et assassinés par les bourreaux staliniens… Une reproche: l’espionnage et l’organisation de groupes de combat anticommunistes qui contribuent au renversement du régime…

C’était la réalité de la Pologne sous la domination soviétique…

Une réalité polonaise – triste mais vraie… et pas seulement en Pologne…

En été1945, les gouvernements alliés retirent leur reconnaissance aux autorités polonaises en exil. La marine a été obligée de rendre aux Britanniques leurs navires loués, ce qui a provoqué le mécontentement des marins polonais. Certains espéraient d’un autre conflit et de la troisième guerre mondiale, qui va mener à la libération de Pologne de l’occupation soviétique. Lorsque les alliés avait commencé à démobiliser l’armée polonaise, le gouvernement communiste en Pologne a demandé et a réclamé nos navires évacués et sauvés par Unrug en septembre 1939. Donc, ORP Błyskawica ( foudre), ORP Burza ( tempête) et ORP Grom ( tonnerre) reviennent à Gdynia et La Marine Polonaise de Guerre, qui depuis des années opérait à l’Ouest, a pris son fin …

La fin du service actif…

En 1946 Józef Unrug a été promu vice-amiral, puis il est envoyé dans le Corps polonais d’adaptation et de déploiement, où il s’est occupé des affaires des marins.

En 1948, il est renvoyé du service et il quitte l’uniforme… Cela ne l’a pas empêché de maintenir des contacts avec les gens de mer, notamment il est actif dans l’auto-assistance marine de guerre.

Un homme d’honneur solidaire avec ses compagnons d’arme

Il ne recevait aucune prestation du gouvernement britannique, qui au début n’avait pas accordé de pension à un soldat mérité … Un certain temps après, on a accepté de le payer, en vue de la mise en oeuvre du plan d’août 1939, grâce auquel les trois meilleurs destroyers polonais envoyés en Grande-Bretagne ont survécu et pouvaient continuer leur lutte à l’étranger, sur des mers et des océans lointaines. Mais Unrug n’a pas pris cette prestation; il ne voulait pas être traité différemment des autres soldats polonais, ses compagnons d’armes … Comme en 1939, lors d’une bataille, des années plus tard il s’est solidarisé également avec ses camarades de l’exil. Il a refusé d’accepter la retraite britannique, la citoyenneté et d’autres apanages, guidés par la solidarité avec ses soldats, oubliés par les alliés…

Mécanicien en exil au Maroc 

Pour assurer l’existence matérielle de sa famille, il accepte la proposition d’un ami de la marine polonaise et se rend au Maroc, où il s’occupe de la pêche des sardines. Il est aussi responsable de l’état technique de deux bateaux de pêche, dont le natif « Kalew », qui est venu en Afrique de … Hel… et on ne savait pas comment;)

Plus tard, il travaille dans une entreprise spécialisée dans l’extraction et le transport de manganèse, ainsi que dans l’entrepôt de pièces de rechange pour les camions.

Il perd le travail, sa femme souffre de tuberculose, le climat africain n’est pas favorable pour elle;  les Unrug décident d’aller en France.

Direction – France

En 1958, après un court séjour à Paris, les Unrug s’installent près de Orléans à Lilly-en-Val, au château Fontpertuis, à la Maison de Retraite du Fonds Humanitaire Polonais.

À l’âge de 70 ans, l’amiral était en excellente condition physique. Il voyageait en mobylette et travaillait comme chauffeur de camion de livraison du rassortiment de la maison de retraite.

Un homme de fierté… toujours

Les Unrug n’ont reçu aucune pension du Royaume-Uni, de la France ou de l’Allemagne, non plus du PRL ( République populaire de Pologne)… Comme pensionnaire, ils dépendaient du Fonds humanitaire polonais. De temps en temps, ils étaient également aidés par des anciens combattants de la marine qui organisaient des collectes de fonds. Tout était organisé en secret … Le contre-amiral était trop fier; s’il savait … il aurait refusé, à son avis l’aumône …

Un rêve inaccompli pendant sa vie

Son rêve était de retourner dans son pays natal … Durant sa vie dans son domaine familial à Sielec, et après sa mort, avec ses compagnons d’arme à la mer Baltique, à Gdynia à Oksywie. Il a même écrit une lettre à ce sujet au ministre de la Défense nationale du PRL; il n’a pas reçu de réponse…

Sa vie s’éteint…

Au cours des dernières années de sa vie, l’amiral souffrait d’un cancer de la peau. En 1972, quand il est tombé à l’escalier et s’est fracturé l’os de la hanche, il a été immobilisé pendant les derniers mois de sa vie. Comme un personnage très active, c’était  pour lui certainement une situation extrêmement difficile.

Défenseur du Littoral Polonais est mort le 28 février 1973 et enterré au cimetière à Montrésor. Sept ans après sa femme l’ai rejoint.

Son testament… accompli des années plus tard…

Dans son testament, l’amiral souhaitait que sa dépouille mortelles ne pourrait revenir en Pologne lorsque les soldats assassinés par les communistes seraient enterrés avec les honneurs militaires. 

Son testament a été rempli d’abord en décembre 2017; à l’occasion du 65ème anniversaire de la mort, les commandants retrouvés sont revenus à Gdynia et ont été enterrés solennellement au cimetière militaire a Gdynia Oksywie.

Tous ensemble honorés et réhabilités

Aujourd’hui nous assistons à l’accomplissement de la dernière volonté du héros polonais qui souhaitait que ses cendres soient renvoyées en Pologne, sur la côte Baltique si « auparavant ou en même temps, ses officiers étaient également honorés et réhabilités”.

Et maintenant, de nouveau ensemble, en compagnie de ses camarades d’arme, à côté des marins décédés au cours dela campagne de septembre 1939! Une fois des camarades dans une situation désespérée, maintenant ils ont retrouvé la paix éternelle et leur place, pour nous – sur la terre … et pour eux? – aux cieux :)

Il a aimé la Pologne jusqu’au bout,

pour le meilleur et pour le pire, et dans son cas, plutôt ce dernier …

Gloire aux Héros!

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