La renaissance de la Pologne après 123 ans de sa disparition échiquier européen

Quand on rappelle l’histoire d’il y a 100 ans, c’est l’histoire de l’idée de la fraternité d’armes polono – française qui a relancé en août 1914 et qui a continué les années suivantes. C’est aussi le temps, les année pour lesquelles la Pologne renaissante est, dans un sens, reconnaissante à la France. On a une dette de gratitude vers la France qui croyait à l’époque en Pologne, comme personne… 

D’abord, pendant la première guerre mondiale, les Français avec les Polonais se battent dans un combat conjoint contre les Allemands. Après, en 1919, avec l’Armée Bleue qui est revenue en Pologne, il y avaient plus de 5 000 soldats français qui sont venus pour se battre coude à coude avec les soldats polonais pour la Pologne indépendante:) Après la guerre, face à une situation géopolitique très difficile de la Pologne, à l’époque où plusieurs n’ont pas cru la Pologne renaissante, de plus, certain ont décidé qu’elle n’avait aucune raison d’exister… , par contre – les Français ont cru quand même à la renaissance de la Pologne.

Heureusement pour tous, parce que peu de temps après, en 1920, la Pologne va sauver toute l’Europe contre les bolcheviks. L’Europe va survivre un moment de grave danger et c’est la Pologne qui en 1920 va sauvé l’Europe… Et c’est la suite de l’histoire de la fraternité d’armes polono-français, c’est la suite de l’histoire de l’Armée Bleue crée sur le sol français.

La Pologne en quelques mots à la fin de la première guerre mondiale

L’indépendance de la Pologne, revendiquée par les Polonais annoncée par Wilson dans ses quatorze points, voulue par l’Entente, est proclamée par le conseil de Régence le 7 octobre 1918. Le 9 novembre, Józef Piłsudski, libéré de la citadelle de Magdebourg, où il était incarcéré, se rend à Varsovie. La population l’accueille en héros. Le 14 novembre, le conseil de Régence lui transmet tous ses pouvoirs, civils et militaires. Le 22, il proclame la République. A Varsovie, la situation politique est tendue. Les nationaux-démocrates de Roman Dmowski et les socialistes du PPS de Pilsudski s’affrontent. Ce n’est qu’en janvier 1919 avec l’arrivée d’Ignacy Paderewski, qu’un accord durement acquis et conclu s’opère. Un gouvernement de coalition nationale est formé, dans lequel le célèbre pianiste Paderewski occupe les fonctions de président du Conseil et de ministre des affaires étrangères.

Maréchal Józef Piłsudski et Roman Dmowski

Les Polonais ne sont pas contents du traité de Paix, et ce n’est pas surprenant… N’oublions pas que conformément aux dispositions du Traité de Versailles la Pologne a perdu Gdańsk et par conséquent le port et l’accès à la mer. « Le règlement de Versailles a été dicté à la Pologne victorieuse comme à l’Allemagne vaincue », proteste Glabinski, négociateur polonais à Versailles.

Les alliés, divisés, ne sont pas parvenus à s’entendre sur la question polonaise d’autant plus que la situation en Russie devenait de plus en plus instable.

Le peuple „indomptable”

Comment c’était possible, la résurrection de la Pologne partagée 123 ans avant, trois fois par trois puissances la Russie, la Prusse et l”Autriche? C’est sûr, ce n’était pas possible sans volonté, courage et persistance des trois génération des Polonais… Et aussi…

Lorsque la première guerre mondiale se termine à l’Ouest, la Pologne existe à nouveau, mais suivant les décisions des hommes politiques, dans des frontières incertaines. Le pays est épuisé par la guerre, un cinquième environ du patrimoine national en biens matériels et en capitaux est détruit.

Jules Laroche, l’un des principaux négociateurs français à la Conférence de la Paix de 1919, après un ambassadeur de France à Varsovie pendant presque dix ans, a écrit dans son livre de mémoires intitulé „La Pologne de Piłsudski, souvenirs d’une ambassade, 1926-1935”:

„Rayée de la carte politique de l’Europe depuis le 3e partage qui, en 1795, distribua ce qui restait de son territoire entre ses trois puissants voisins, la Pologne demeura une réalité vivante pour le peuple indomptable qui, pendant près de 125 ans subit la loi du plus fort sans jamais en admettre la pérennité.”

Le peuple polonais „indomptable” ressemblait au peuple français avec lequel il partageait le goût de la liberté et le besoin de la conquérir où la préserver. D’après les Légions de Dąbrowski en Italie sous Bonaparte en 1797 et conformément aux paroles du futur hymne national polonais: „La Pologne n’a pas encore périt, tant que nous vivons, ce que l’étranger nous a pris par la force, nous le reprendrons par le sabre!” 

L’indépendance de la Pologne, revendiquée par les Polonais, était un processus complexe et long.

Et l’éclatement de la première guerre mondiale était le début de ce processus, il a suscité l’espoir pour la renaissance de l’État polonais divisé au XVIIIe siècle entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.

La Légion des Bayonnais

Depuis le début de la guerre, les militants de l’indépendance polonaise essayent de créer l’armée polonaise. Et  voilà, à l’ouest, à côté de la France, un substitut de l’armée polonaise, Légion des Bayonnais, comme une branche nationale au sein de la légion étrangère est formée. Et en raison de l’alliance franco-russe au sein de l’Entente, c’était alors le seul geste possible de la part de la France envers les aspirations de la Pologne à l’indépendance.

Bien que la France est une alliée de la Russie tsariste, des centaines d’émigrés polonais, pour la plupart ouvriers mineurs dans le Nord-Pas-de-Calais, commerçants ou intellectuels installés à Paris, rallient dès août 1914 le Comité des volontaires polonais créé à Paris et s’engagent dans la Légion étrangère pour combattre contre les empires allemand et austro-hongrois.

Ils ont reçu une instruction militaire ( un contingent à Bayonne, un autre à Paris à la caserne Reuilly ), ont été équipés et armés, puis ils ont été intégrés dans les 2ème et 3ème Régiments de marche du 1er Régiment étranger.

Ils sont montés au front au printemps 1915 et ont été engagés en Champagne et en Picardie, puis en Artois.

Mais parce que la France ne veut pas déplaire à son alliée russe, les démarches entreprises par les patriotes polonais pour obtenir une reconnaissance de la spécificité polonaise n’aboutirent qu’après la chute du tsarisme.

La légion des Bayonnais n’existe qu’ un an à peine; la plupart de ses soldats sont morts dans des batailles héroïques à Sillery, Arras et Souché. Au cimetière de guerre de Sillery, se trouve le premier commandant des Bayonnais, le lieutenant Julien Maxime Doumic; sur sa tombe on voit l’inscription: „les Polonais, à leur défunt lieutenant”.

Et même que la légion décimée des Bayonnais est dissoute en été 1915, son héroïsme, en particulier pendant la bataille sanglante à Arras, est devenu la légende des armes polonaises et a constitué la base de la future fraternité polono-française des armes. La réputation de vaillance des combattants polonais est d’autant plus mise en valeur qu’aux hommes politiques émigrés a donné un argument symbolique de plus pour reprendre et défendre la question polonaise.

La France et la renaissance de la Pologne

La situation politique change d’une façon dynamique, surtout en Russie qui était en révolte. La Révolution de février puis l’abdication de Nicolas II permettent à la question polonaise de devenir une priorité sur la scène politique et militaire française.

Au cours du printemps de 1917 et pour la première fois depuis presque 40 ans, la Révolution de février puis l’abdication de Nicolas II permettent à la question polonaise d’occuper le devant de la scène politique et militaire française. La cause polonaise devient en quelque sorte une nouvelle cause nationale pour la France.

C’était la nouvelle situation géopolitique que les Polonais ont profité.  Selon un leader du partie national démocratique, Roman Dmowski, c’était un bon moment pour remplacer dans la politique française la Russe par la Pologne renaissante.

Les politiciens de l’émigration se sont rencontrés à la bibliothèque polonaise à Paris pour travailler sur la création de l’armée polonaise et une coopération étroite avec la France.

Le gouvernement et le parlement français se mit au travail afin de soumettre, le plus rapidement possible, un projet du décret à la signature du président de la République. Dans le rapport qu’on a présenté au président Poincaré on a efforcé de promouvoir l’idée de la restauration de l’État polonaise à travers la création, au sein de l’armée française, d’une „armée polonaise autonome.”

La création de l’Armée Bleue

Le décret présidentiel de création d’une armée polonais combattant dans les rangs de l’armée française mais sous les plis de son drapeau national est signé par Raymond Poincaré le 4 juin. Il est unique en son genre. Unique, car il a organisé la création de l’armée d’un Etat qui n’avait, à cette date, pas encore recouvré sa souveraineté pleine et entière.

Le décret du juin 1917 de la création d’une armée polonaise, a eu pour son but de promouvoir l’idée de la restauration de l’État polonaise à travers la création, au sein de l’armée française, d’une „armée polonaise autonome”. l était prévu que cette armée, entretenue par la France, serait autonome, avec ses cadres et ses drapeaux, ses propres insignes, mais subordonnée au commandement français. Ses uniformes possédaient les insignes polonaises, mais ils étaient français, bleus, d’où le nom de l’Armée bleu.

La Mission franco – polonaise et l’amitié polono-française 

L’organisation et le recrutement de cette armée étaient confiés à la Mission militaire franco-polonaise, créée en mai 1917, et dirigé par le général Archinard, assisté par un officier polonais le colonel Adam Mokiejewski. C’est lui qui a joué un rôle important dans les discussions franco-russes sur la création de l’armée polonaise. Auprès de la Mission sont représentés également les différentes armées alliées. Le siège de la mission était le bâtiment à la Rue de Chanaleilles à Paris.

La Mission ouvre et installe son premier camp militaire à Sillé-le-Guillaume dans la Sarthe, en juin 1917. C’est ici où les premières unités des volontaires sont regroupées et entrainées.

Dans la ville la mémoire des soldats du 1er camp de l’armée polonaise a survécu. « Ils sont venus pour la libération de la Pologne, ils sont morts pour défendre la France.” – on peut lire à Notre Dame de Sillé-le-Guillaume. L’église est témoin de la présence des soldats polonais. Le service de l’aumônier dans l’armée polonaise y était au prêtre Jan Więckowski. Au total, 40 aumôniers ont servi dans l’armée polonaise en France.

Le commandant du camp était le major George Blanchard, délégué des armées coloniales. Le seul officier français qui a parlé à des soldats en polonais était le capitaine Władysław Jagniątkowski, aussi de l’armée coloniale.

La première inspection du général Archinard, le commandant de l’armée, a révélé un très bon entraînement des soldats.

Les volontaires du monde entier dans la lutte pour la Pologne indépendante

Ces légions formées en France, enfin l’Armée Bleue du général Józef Haller, étaient composées des soldats polonais venus du monde entier, des Polonais qui voulaient se battre pour la Pologne Indépendante en présence des nouvelles opportunités crées par la première guerre mondiale. De toutes les parties du monde arrivaient des milliers volontaires, tous animés d’un ardent patriotisme polonais. Ils venaient de France, d’Angleterre, de Hollande, d’Italie, de Serbie, des Etats-Unis, du Canada, du Brésil, du Japon, de Sibérie, même  de Chine. Les prisonniers de guerres des armées allemandes et autrichiennes étaient autorisés à s’y engager. 

Ignacy Jan Paderewski

Le camp militaire à Sillé-le-Guillaume, dirigé par un officier polonais, Wladyslaw Jagniatkowski, devait accueillir quelques 2000 volontaires et durant l’année 1917 il atteint sa capacité maximum. Des filiales sont crées à Laval et à Mayenne. Déjà en février 1918 les effectifs de l’armée polonaise s’élèvent à environ 10.000 soldats: le 1er Régiment des chasseurs polonais, puis de nouveaux bataillons, une unité de cavalerie formée à Alençon, une unité d’artillerie au Mans, une unité technique à Angers. Les cadres sont composées, des officiers français, des Polonais de la Légion étrangère, des officiers de l’armée russe et de l’armée américaine.

Le recrutement dans l’armée polonaise a été également effectué aux États-Unis à l’aide des propagateurs de la question polonaise comme Teofil Starzyński et Ignacy Jan Paderewski, pianiste célèbre au monde. Les rencontres avec le président américain Woodrow Wilson, ont soulevé la question polonaise. Les États-Unis étaient alors un pays neutre; mais ils ont accepté de recruter leurs citoyens d’origine polonaise dans des camps militaires créés au Canada près de la frontière américaine.

Déjà dans les premiers jours, plus de 3 000 volontaires se sont présentés aux points de recrutement. À la fin de décembre 1917, plus de 1 200 soldats polonais formés étaient arrivés d’Amérique en France. En avril 1919, l’armée polonaise en France comptait plus de 22 000 volontaires provenant de camps au Canada et aux États-Unis.

„Il est mort pour la France” devient „Il est mort pour la Pologne”

Le 1er Régiment des chasseurs, part pour le front au printemps 1918 pour se battre en Champagne, près de Saint-Hillaire. Lors de cette campagne, le régiment perd 600 hommes, dont 100 morts et 500 blessés. Les Polonais ont traversé trois lignes d’enchevêtrements, se battant même avec les poings et les couteaux. À titre posthume, le lieutenant Chwałkowski était décoré de la Croix de chevalier de la Légion d’honneur. Son dernier mot „C’est pour la Pologne » est devenu un souvenir de soldat. Sur l’ordre du général Archinard, la formule suivante a été introduite: « Il est mort pour la Pologne » au lieu du précédent « Il est mort pour la France”…

Le premier régiment de tireurs polonais sous le Bois de Raquette a mené en juillet une bataille particulièrement sanglante lors de la contre-attaque de la 170e division d’infanterie française. La compagnie du capitaine Jan Krzywkowski Woliński, a attaqué les positions allemandes renforcées.

Lors de la bataille à Bois de Raquette, la 5e compagnie a capturé 118 prisonniers et 20 mitrailleuses lourdes. Elle a répondu à trois contre-attaques allemandes. Le commandant de la 4e Armée a souligné le courage du premier régiment et le commandant du corps français a offert aux soldats polonais de nombreuses décorations de bataille. Trois officiers sont tombés, dont le commandant de compagnie Jan Krzywkowski Woliński et 45 soldats, 80 ont été blessés.

L’armée polonaise de plus en lus nombreuse devient une armée alliée

Le 28 septembre 1918, un accord est conclu entre le gouvernement de la République française et le Comité national polonais concernant l’armée polonaise. Elle était considérée comme autonome, alliée et combattant sous le commandement de la Pologne, mais sous le commandement opérationnel de la France. Le pouvoir politique suprême de l’armée était le Comité national polonais, dont le commandant avait été approuvé par le gouvernement français. Les gouvernements de Grande-Bretagne, d’Italie et des États-Unis ont également déclaré que l’armée polonaise était reconnue comme une armée alliée.

Les  volontaires sont de plus en plus nombreux, on a crée en été 1918 la 1ère division d’infanterie, puis la deuxième division, au total quelques 17 milles de soldats. En octobre 1918, l’armée polonaise comptait 430 officiers et près de 17 000 unités de base et les soldats étaient en augmentation constante.

Le 22 juin 1918 à Brienne en Champagne a eu lieu une remise solennelle des drapeaux offerts par les villes de Paris, Verdun, Belfort et Nancy en présence du Président de la République française Raymond Poincaré et Roman Dmowski, président du Comité national polonais.

Józef Haller en tant que Commandant en chef de l’Armée polonaise 

Général Józef Haller

L’Armée polonaise de plus en plus nombreuse avait besoin non seulement d’officiers polonais, mais surtout d’un commandant polonais approprié. Le général français Archinard qui assurait le commandement de l’armée depuis sa création, en a passé le commandement en 1918, lors de son premier engagement opérationnel, au général polonais Haller. 

Le général Haller est arrivé en juillet en France. À Paris, lors de la fête nationale de la République française sur la place de la Concorde, il a entendu des cris d’enthousiasme des Parisiens souhaitant la bienvenue au soldat polonais, qui défilait avec les troupes françaises. Haller se trouvait au quartier général de l’armée parisienne, avenue du Jena 15, et il habitait devant l’hôtel Jena.

Début octobre 1918, le Comité national polonais a nommé le général de brigade Józef Haller en tant que Commandant en chef de l’Armée polonaise, de toutes les troupes polonaises luttant pour l’indépendance et l’unification de toute la patrie contre les monarchies qui se séparaient et qui maintenaient le pillage des régions polonaises par la force des armes. La mission militaire franco-polonaise a perdu son autorité sur l’armée, se transformant en un organe d’approvisionnement.

Le 6 octobre 1918, dans les champs du village de Bajon près de Nancy, le général Haller accueille la 1re division polonaise. Sur le drapeau de son premier régiment de tirailleurs, il  jure à la nation polonaise:

« Je jure devant Dieu tout-puissant, fidèle à ma patrie, la seule et unique Pologne, je jure que je suis prêt à donner ma vie pour la cause sacrée de l’unification et de l’indépendance, pour défendre la bannière nationale et l’honneur de l’armée polonaise jusqu’au dernier sang, pour prendre soin du bien-être des soldats me confiés, pour protéger la discipline de l’armée. Je jure que le commandement suprême des troupes polonaises m’on a confié, dans les meilleures conditions de foi, de conscience et d’honneur militaire, pour le bien de la nation polonaise et la libération de ma patrie. Oui, Dieu Seigneur, aide-moi.”

Le cessez-le-feu interrompt les opérations militaires

Après la Champagne, l’armée polonaise est dirigée vers les Vosges et se prépare pour l’offensive à Metz sous le commandement du 10ème corps de la 7ème armée française. Le point de rechargement des soldats polonais était Ramberviller. Les soldats de la 1re division de fusiliers polonais ont été transférés des Vosges à Ramberviller en novembre 1918. Ils devaient prendre part à la grande offensive des trente divisions alliées prévue au milieu de ce mois. Le 11 novembre 1918, la division reçoit l’ordre de charger des wagons et de la transporter sur des positions situées dans la zone de la forêt de Parois à l’est de Lunéville. Au cours du passage, des ordres d’appel arrivent. Les soldats sont rentrés à Ramberviller où la population célébrait le cessez-le-feu. 

Le 11 novembre 1918 a lieu la signature de l’Armistice et en même temps la proclamation de l’indépendance de la Pologne.

Après le cessez-le-feu, le 24 novembre, le commandant de l’armée, le général Józef Haller, publie un ordre dans lequel il insiste:

« Soldats, vous avez rempli vos fonctions jusqu’à présent. Des forteresses chanceuses combattent aux côtés de la renommée des forces armées françaises, américaines et alliées. Vous avez vécu jusqu’au moment de la magnifique victoire des armées alliées sur l’ennemi de la Pologne et de l’humanité. Grâce à la persévérance et au courage de toutes les forces armées, une partie de la Pologne, que l’Allemagne a imposée à ses gouvernements non invités, a été libérée. Cependant, toutes les terres polonaises doivent être libérées, lesquelles doivent être unies et combinées en Pologne et en Poméranie de Gdańsk.” (Ordre du commandant de l’armée polonaise en France du général Hallera du 24 novembre 1918)

La mort et la sacrifice qui donnent la liberté

Sur le sol français il y avait 15 camps et les tombes de soldats polonais sont dispersées sur les champs de bataille de la Champagne et des Vosges: Sillery, Arras, Souché, Laval, Mayenne, Alençon, Angers, Rambervillier, Martygny le Bain…

En France, en 1918, 104 soldats de l’armée polonaise ont été tués et 444 ont été blessés ou attaqués par des gaz de combat; beaucoup sont ensuite morts de blessures et d’empoisonnement.

L’Armée polonaise en France et ses luttes aux côtés des alliés occidentaux ont permis à la nouvelle Pologne libérée de devenir le statut d’État allié.

L’hommage rendu par le sang des soldats polonais volontaires a constitué un argument important pour les politiciens lors de la table de conférence à Versailles. Les signatures des représentants polonais se sont retrouvées dans des traités mettant fin à la Première Guerre mondiale. Cependant, cela ne signifiait pas la cessation de l’expansion de l’armée polonaise en France.

La fin de la première guerre mondiale n’est pas la fin de la bataille pour la Pologne

Le 11 novembre 1918, la fin de la Première Guerre mondiale marque également le retour de l’indépendance de la Pologne. Dès le début, l’État en reconstruction devait lutter pour la liberté et façonner ses frontières.

Le 1er novembre 1918, plusieurs mois de guerre polono-ukrainienne ont commencé avec la défense de Lwów. Au début de 1919, la guerre avec la Russie bolchevique a commencé. En janvier 1919, les troupes tchécoslovaques attaquèrent les faibles forces polonaises en Cieszyn Silésie. Le frère du commandant de l’armée bleue, Cezary Haller, est décédé lors de ces combats. En février, Wielkopolska, l’un des territoires annexés par la Prusse, a été libérée des mains allemandes.

Dans la situation dramatique du pays aux combats sur plusieurs fronts, de grandes espérances étaient associées aux forces armées nombreuses et modernes créées en France. L’expansion de l’Armée Bleue et son transfert dans la patrie deviennent la tâche principale du commandement de l’armée et du général Józef Haller.

Un soutien militaire de la part de France

L’armée polonaise en France a reçu du matériel et des armes modernes: plus d’un millier de véhicules de transport, près de 100 avions, 500 fusils et des cuirassés – des chars.

La formation du premier régiment de chars commence en mars 1919 à Martigny le Bain dans le département des Vosges. Les soldats étaient logés dans le parc thermal. Le régiment a reçu 120 chars Renault FT 17. Comme un soutien d’infanterie à basse vitesse, ils ont développé une vitesse à peine de 8 km / h mais c’était une arme extrêmement dangereuse. Ils ont été mis en service en France en 1917 et, à la fin de la guerre, ils étaient les véhicules de combat les plus modernes.

Ce nombre de véhicules de combat a fait en effet de la Pologne la cinquième force blindée au monde après la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et les États-Unis.

L’armée polonaise en France avait 98 avions. En mars 1919, un camp aérien polonais est établi à Pou, dans le sud de la France. Le commandant du camp était le capitaine de pilote Jerzy Kossowski, envoyé en France par les États-Unis après s’être échappé de la guerre civile en Russie.

Grâce à la faveur des Italiens, l’Armée polonaise a été créé et formé aussi en Italie au cours du premier semestre de 1919. Il a été transporté en France, élargissant ainsi les troupes de l’Armée bleue.

Au printemps 1919, l’armée polonaise en France était composée de 2 corps, soit un total de 5 divisions. Jusqu’en juin 1919, la 6ème division était formée, d’instruction ou d’école.

De la terre française en Pologne

Dans la bibliothèque polonaise à Paris sur l’île de Saint Louis il y avait lieu des réunions du Comité national polonais avec des représentants des autorités françaises avec la participation du général Józef Haller. C’était un endroit où la situation dramatique en Pologne et la nécessité de transférer l’Armée bleue dans le pays ont été discutées. 

Le transport de l’armée bleue en Pologne a entraîné de grandes difficultés politiques et techniques. Le consentement des puissances occidentales a été obtenu après avoir déclaré que ces forces ne seraient pas utilisées pour défendre Lwów et le sud-est du pays des Ukrainiens.

La route maritime à travers Gdańsk était impossible suite à l’opposition de la Grande-Bretagne. Enfin, la diplomatie française lors d’une conférence à la SPA a approuvé le transport ferroviaire à travers l’Allemagne hostile. Des centaines de wagons et de fournitures ont également été fournis par les Français. La sécurité des transports a été assurée par les officiers alliés.

Le 16 avril 1919, les transports de l’armée bleue en Pologne ont commencé. Ce jour-là, à À 16h45, le premier train avec le général Józef Haller et une partie du personnel de l’armée polonaise a quitté la gare de Paris Mircour. Les représentants de la Polonia et des représentants des généraux de l’armée française Henry Albi et Louis Archinard ont fait leurs adieux. Le voyage à travers l’Allemagne a duré 3 jours.

Les soldats partaient à l’accompagnement de l’ordre du général Haller:

„Soldats polonais! Il y a un moment tant attendu de la marche de l’armée polonaise des terres italiennes, françaises et américaines en Pologne. Vous partez pour la Pologne afin de coopérer avec l’armée polonaise formée dans le pays et vous acquitter de votre devoir national de défendre les frontières de la Pologne contre les attaques d’ennemis extérieurs. Ensemble avec vous, les camarades d’armes de l’armée française victorieuse vont déclarer la fraternité de deux nations alliées afin d’aider la nation polonaise à organiser une grande armée polonaise. 

Comme il y a cent ans, nous rentrons aujourd’hui en Pologne, plus heureux que ceux-là …”

Pendant 5 mois, près de 70 000 soldats polonais ont été transportés dans leur pays. C’était une énorme entreprise logistique. Chacune des divisions nécessitait des wagons d’une capacité totale d’environ 16 000 tonnes. Au total, près de 400 dépôts de chemin de fer ont été utilisés pour transporter l’armée, soit plus de 50 wagons chacun.

Voyage à travers l’Allemagne n’était pas exempt d’incidents. Des soldats polonais ont été menacés et insultés, des wagons ont été volés de la nourriture, des véhicules de transport ont été tirés et on a sauté le pont avant le train, les Allemands ont tenté de faire exploser le wagon avec des munitions.

Enfin, bienvenue en Pologne!

Le matin du 21 avril, le commandement de l’armée polonaise en France avec le général Józef Haller est arrivé à la gare de Vienne à Varsovie. À côté des autorités polonaises sont également arrivés les chefs des missions militaires alliées dirigées par le général français Paul Henry.

Les derniers transports de l’Armée bleue sont arrivés en août 1919. Au total, fin août 1919, plus de 67 000 soldats sont arrivés, dont plus de 5 700 000 officiers et sous-officiers français. Avec l’Armée bleu est venu en Pologne aussi le jeune capitaine Charles de Gaulle. 

L’unification symbolique de l’armée formée dans le pays avec l’Armée bleue en octobre 1919 à Cracovie a facilité le commandement, permettant de sortir du contrôle des alliés occidentaux et de l’utilisation de cette armée en fonction des besoins de la guerre de la Pologne.

Allons enfants de la Patrie!

Dès le début de son existence, l’Armée bleu a été traitée comme une armée polonaise et, à ce titre, a été intégrée à l’armée polonaise nouvellement créée. Le 19 octobre 1919, des cérémonies solennelles de l’unification de l’armée polonaise sont organisées à Cracovie. L’arrivée de l’Armée bleu en Pologne a eu un impact significatif sur l’issue de la lutte pour les frontières de l’État polonais qui est rené.

Les 18 régiments qui opéraient en Pologne étaient 6 divisions qui combattaient sur le front nord, lors de la bataille de Varsovie, puis plus tard également en Lituanie et en Biélorussie, contribuant ainsi à la déroute de l’offensive bolchevique à l’ouest de l’Europe.

L’Armée bleue, l’effet et le symbole de l’amitié franco-polonaise, fruit d’un effort considérable d’organisation, le don inestimable de la Polonia de plusieurs continents, est arrivée en 1919 à la rescousse de la patrie menacée. L’armée polonaise, unie dans le feu de la lutte pour les frontières, a réussi à arrêter l’extension bolchevique de la Russie, à sauver la Pologne et l’Europe. L’Armée bleu du général Haller avait un grand mérite dans ces événements. Leurs gains de sang sont indiqués dans les tableaux de la tombe du soldat inconnu à Varsovie.

Merci, nos français camarades d’armes

Dans le contexte géopolitique difficile la Mission militaire franco-polonaise après sa mission en France, s’installent et se mettent au travail à Varsovie, mais aussi dans toute la Pologne. La Mission développe son action dans les trois directions principales que sont l’organisation générale de l’armée polonaise, l’aide matérielle et enfin l’instruction. Ce dernier domaine sera bientôt celui du jeune de Gaulle. La mission réorganise tout d’abord l’armée polonaise sur le modèle français. Elle s’efforce ensuite de subvenir a ses besoins matériels. En effet, à l’exception des unités en provenance de France, l’armée polonaise manque de presque tout, et le peu dont elle dispose est si desordonné, qu’elle est, selon les Français, incapable de faire campagne contre les bolcheviques. La Mission se lance enfin dans la création d’un ensemble complet d’écoles, de centres de formation et de cours spécifiques. Entre juin et décembre 1919, sont ainsi organisées seize écoles militaires, depuis l’École d’état-major à Varsovie jusqu’à l’École d’infanterie à Rembertów. Pour les seuls officiers, ces écoles assurent, avec la participation de plusieurs centaines d’instructeurs français, entre juin 1919 et mai 1920, la formation de plus de mille deux cents officiers polonais. C’est à l’École d’infanterie de Rembertow que le capitaine de Gaulle est affecté comme instructeur.

Certes la France voulait aider la Pologne à renaitre et à devenir une des nations qui compterait bientôt dans le concert européen.

En octobre 1920, le chef de l’État rend hommage aux Français qui ont contribué à la lutte pour la Pologne libre. À ce moment-là, Józef Piłsudski a prononcé les mots suivants:

« Vous pouvez mourir pour la France en défendant la Pologne, vous pouvez travailler pour la croissance de la France, en assurant le bonheur de la Pologne. Voici une belle tradition, que je suis heureux de renouveler, en vous remettant les Croix de l’Ordre des Virtuti Militari pour vos efforts paternels dans les rangs de l’armée polonaise lors de combats pour la défense de ma nation.”

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